Enquête publique sur le nouveau Plan local d’urbanisme : la contribution de Gleizé Renouveau élaborée avec des habitants de la commune

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Ce document est le fruit d’un travail collectif organisé par le collectif Gleizé Renouveau. Une trentaine de personnes ont assisté à une présentation du projet arrêté par l’Agglo. Ces personnes ont ensuite consulté des cartes au format A0 que nous avions imprimées. Elles ont également pu interroger le système d’information géographique (SIG) correspondant. Enfin, les participants ont travaillé au sein d’un atelier de réflexion afin d’émettre des remarques et des questions dont voici la synthèse.

Thème 1 : démocratie et citoyenneté

Le projet de PLUi-H a été élaboré par des élus des communes concernées, assistés par des cabinets spécialisés, mais sans prendre l’avis des habitants du territoire. Les habitants de Gleizé auraient aimé être impliqués plus en amont sur le projet et se demandent si la commune va organiser des réunions publiques pour présenter le PLUi-H

Mesures contre les risques de corruptions

  • Créer une instance neutre, éthique et indépendante pour vérifier l’absence de corruption dans la définition du zonage.
  • Le PLUi-H a des enjeux économiques et de développement mais il ne faut pas que ceux-ci soient guidés par le profit et les convenances.
  • Le PLU est opposable aux particuliers mais il semblerait que certains élus s’en affranchissent (Cf hangar de CEPOVETT)

Surveillance des mises à jour

Faire que les modifications du PLUi-H soit notifiées clairement, dans une  page de garde par exemple, pour que les élus n’omettent rien qui puisse avoir des conséquences importantes (passage en catimini de R+1 à R+5 sur le projet Terre de Vignes, à l’emplacement de l’ancienne cave coopérative)

Vulgarisation du dossier

Le PLUi-H est un document complexe et difficile à s’approprier compte tenu du nombre de documents associés. Sa complexité est due en partie à une description détaillée de l’état actuel de l’agglomération ainsi que du projet à venir. C’est un document technique et tout un chacun ne peut s’y retrouver. Il faut jongler entre les différents plans et la description des zonages qui y sont représentés. Il est demandé d’avoir un document vulgarisé pour être compréhensible facilement par n’importe quel citoyen.

Thème 2 : croissance et densification

Si la densification des agglomérations permet de préserver les zones naturelles et agricoles, elle doit se faire dans des conditions acceptables pour les habitants, s’accompagner des infrastructures nécessaires, et être couplée à un plan de mobilité adapté.

Respect de la vie privé

Les habitants de certains quartiers ressentent négativement une densification qui restreint leur environnement. Ils auraient souhaité qu’on les associe en amont aux projets.

  • La densification se fait souvent au-delà des prévisions, avec une évolution de la réglementation pour répondre à des besoins économiques. Les désidératas des promoteurs ont été privilégiés (quartier Cave Coopérative), les hauteurs de construction surélevées (modification du PLU rue Neuve). Les aléas du projet ont entraîné une densification accrue à la Collonges, par rapport au projet initial.
  • Il existe une crainte de transformation en immeubles de villas occupées aujourd’hui par des personnes âgées, de voir se construire un immeuble devant ses fenêtres, de perdre sa qualité de vie et la valeur de son patrimoine.
  • Pour concilier densification et respect de la vie privée, des constructions raisonnées dans l’environnement sont souhaitées (par exemple, pas de R+2 ou R+3 en vis-à-vis de zones pavillonnaires) ainsi que des efforts en termes de norme acoustique, de taille des pièces des nouveaux appartements, ou de surface d’espaces verts.
  • Que signifie la zone d’attente de projet au Bourg de Gleizé ?

Infrastructures adaptées

De nouvelles infrastructures devraient être prévues pour accompagner cette densification et l’évolution du nombre d’habitants :

  • On peut s’étonner du peu de réserve d’équipement pour accueillir les services publics. Par exemple, où sera la nouvelle déchetterie ?
  • Les bâtiments publics répondront-ils à des normes environnementales exigeantes (par exemple à énergie positive) ?

Mobilités

Le contournement Ouest de l’ex-CAVIL et la gratuité de l’autoroute entre Villefranche Nord et Sud semblent, à juste titre, enterrés. Aujourd’hui, il semble y avoir un lien entre urbanisation et circulation, qui ne fait que s’accroître à Gleizé.

  • Quel plan de mobilité est-il prévu pour faire face à l’augmentation du nombre d’habitants, en vue de faciliter les transports collectifs et les pistes cyclables, et réduire les nuisances sonores ?
  • Pour l’élaboration de ce plan de mobilité, quelle concertation est prévue entre les opérateurs de transport, sans attendre le démarrage des constructions ?
  • Quel est le lien entre la notion de « voie à créer » (pointillés verts) et les plans de mobilité ?
  • Est-ce que la sécurité des déplacements fait partie du PLUi-H ?
  • Des emplacements pour des parkings relais sont-ils prévus, notamment afin d’acheminer les habitants vers la gare en transports en commun ?
  • Des places de stationnement pour pallier le manque dans certains secteurs de la commune ?

Thème 3 : environnement et santé

Ce nouveau PLUi-H contient de vastes surfaces agricoles, de par la proximité de zones viticoles et de prairies avec des zones d’habitation. De nombreux habitants sont venus s’installer à Gleizé car c’était un peu la ville à la campagne. La coexistence de ces deux « mondes » est une préoccupation forte en raison du grignotage de ces espaces par les projets d’urbanisme (ZAC de la Collonge, ZAC d’Épinay, ZAC des Charmilles…)

Le souhait du maintien de zones préservées et d’un patrimoine végétal ressort :

  • Corridor vert : comment et dans quel but a-t-il été établi ? Y a-t-il des passages de faune sur ces zones ? Quel lien avec les zones de chasse ?
  • Haies : est-ce un recensement ou des souhaits ?  Quelles contraintes pour les maintenir ?
  • Arbres remarquables : comment définit-on un arbre remarquable ? Quelle contrainte d’urbanisme autour ?

Des interrogations plus spécifiques aux pratiques agricoles autorisées, afin de comprendre et de ne pas subir les pratiques en tant que voisin ou promeneur ont émergé :

  • Château de Vauxrenard : pourquoi les zones de vignes sont classées en « jardin » ?
  • Pratiques Bio : pourquoi ne fait-on pas mention des zones réservées aux pratiques Bio ?
  • Vignes : y a-t-il une contrainte quant au passage d’une zone de culture ou de prairie à une zone en vigne ?
  • Maraîchage : des zones sont-elles réservées pour le maraîchage en circuit court ?

NB : on notera l’absence de Plan Alimentaire Territorial (en cours de rédaction chez les voisins de la CAVBS). Où est la volonté de développer une agriculture vivrière saine et de proximité pour garantir une résilience et un lien avec le territoire ?

Sur le secteur urbain :

  • Parcs et jardins :

o   Se pose la question de savoir si des zones seront prévues pour de nouveaux parcs publics en raison de la densification

o   Qu’est-ce qui est considéré comme « jardin » ? Quelles autorisations d’urbanisme possibles ?

  • Surface d’espaces verts autour des constructions : instaurer des normes plus contraignantes que la réglementation existante. Cela nuit peut-être à la densification, mais cela peut apporter un cadre de vie plus agréable, et une meilleure acceptabilité de la part du voisinage des immeubles.
  • Pollutions : La qualité de vie passe aussi par l’absence de pollutions chroniques.

o   Pour le sol, un passif relatif à l’activité et à la pollution au plomb par Metaleurop et l’usine d’incinération nous interroge sur l’existence de contraintes d’analyse et de dépollution imposées aux promoteurs sur les zones concernées ?

o   Pour l’air, l’augmentation du trafic ou les nouvelles voies de circulation appréhendent-elles l’augmentation de la pollution de l’air ?

o   Pour le bruit, a-t-on analysé et quantifié les zones de fortes pollutions sonores ? Ce PLUi-H intègre-t-il une projection de son évolution ? Existe-t-il un plan de réduction de celles-ci ?

o   Pollution visuelle : Une construction sur un terrain voisin peut grandement dénaturer ceux l’entourant. Les constructions de grande hauteur peuvent aussi impacter l’ensoleillement d’une parcelle. Des limites ont-elles été définies pour en atténuer l’impact ? Les autorisations de R+3 à proximité de zones pavillonnaires ne devraient se faire qu’avec une distance de retrait importante, est-ce le cas ? Des études d’impact visuel ont-elles été effectuées en amont du choix du type de zone ?

Qualité de vie dans les logements : Les participants déplorent que la seule logique définissant le type, la taille et l’implantation des constructions soit trop souvent celle de la seule rentabilité. Des contraintes seront elles dictées auprès des promoteurs en plus des celles des lois d’urbanisme ? Ces contraintes devraient s’appliquer sur :

  • L’implantation des constructions et les distances minimums des limites de propriétés
  • La taille des logements, la taille des pièces de vie et des balcons, des espaces verts
  • La qualité thermique (résistance au froid comme au chaud)
  • Le type de matériaux utilisés (biosourcés, locaux…)
  • La présence de zones mutualisées pour la vie sociale

Risque inondation : étant donné que le risque existe, qu’il s’amplifie, que des sinistres majeurs ont eu lieu sur le Nizerand (1993) ou le Morgon (2008), il est curieux que les zones construites soumises à inondation soient si réduites. Quelles sont les contraintes de constructions futures sur ces zones ?