A l’origine du projet, à la fin des années 2000, il était question de 78 logements sur le secteur de la Collonge. On en est maintenant à plus de 140, qui viennent s’ajouter à ceux de la Résidence Saint-Vincent et des Terroirs de Gleizé récemment construits au Bourg. A l’occasion d’une délibération sur le CPAUPE (Cahier des Prescriptions Architecturales, Urbaines, Paysagères et Environnementales) concernant la dernière tranche de la ZAC de la Collonge, lors du conseil municipal du 4 juin dernier, Emmanuel Dupit, élu Gleizé Renouveau, est revenu sur les problèmes posés par la nouvelle orientation du projet.
Monsieur le Maire,
Avant d’évoquer son contenu, il nous semble important de revenir sur le contexte qui nous amène à devoir nous prononcer ce soir sur ce CPAUPE.
Le projet de ZAC de la Collonge a été lancé il y a plus de 15 ans, il était prévu à l’origine pour moins de 80 logements, et la densification du bourg a depuis lors bien avancé (Terroirs du Beaujolais, Résidence St Vincent). Nous en arrivons aujourd’hui à un projet d’implantation de 121 nouveaux logements, chiffre subi et non pensé dans son ensemble, ceci en raison de la judiciarisation des expropriations et du surcoût foncier en découlant d’un côté, de la situation du marché et des contraintes économiques des promoteurs de l’autre. La commune se porte donc acquéreur d’une partie du foncier en empruntant plus de 1,2 M€ à un taux non négligeable, afin de garantir la réalisation des dernières tranches de ce projet, tout en attendant un rendu de jugement sur une autre partie du foncier, avec encore un risque de renchérissement. On est donc en droit de se demander comment on en est arrivé là.
Dans ce contexte très compliqué, il convient de ne pas perdre de vue l’une des préoccupations majeures des habitants du Bourg, qui concernent avant tout l’évolution de la circulation automobile, et plus globalement le sujet des mobilités. Or ce sujet semble survolé dans le projet, sachant par ailleurs que le plan de mobilité de l’Agglo n’a toujours pas vu le jour, et que la densification du réseau de transports en commun peine également à se concrétiser dans les faits.
L’autre enjeu majeur de ce CPAUPE est l’intégration paysagère du projet. Certes qualitatif esthétiquement, du moins sur les intentions, nous pouvons cependant être vigilant quant à sa déclinaison réelle, si nous nous référons à la réalisation de la première tranche de cet aménagement, qui a abouti à une série de constructions cubiques posées le long d’une large voie en béton, sans arbres. Les contraintes économiques des promoteurs ne vont-elles pas raboter les exigences ? La suppression de la commission de suivi de la ZAC ayant été actée récemment, est-il prévu de la remplacer par une commission de contrôle qui pourrait s’assurer du respect des prescriptions édictées ? Les habitants et voisins seront ils associés ?
D’autant qu’appliquer simplement le minimum légal ne présage pas forcément d’un résultat vertueux. Preuve en est la simple application de la norme RE 2020, qui nous est ici déclinée. Celle-ci sera bientôt remplacée par une nouvelle norme beaucoup plus contraignante, qu’il aurait fallu anticiper en prévoyant :
– une obligation de mesures réelles de l’impact carbone des constructions plutôt qu’une simulation théorique
– un taux minimal de production d’énergie photovoltaïque
– des objectifs de températures intérieures à ne pas dépasser en été.
En résumé, nous nous trouvons face à un projet subi par manque d’adhésion des riverains, coûteux, qui ne fait que s’amplifier et dont l’issue est très incertaine ; un projet qui ne répond pas entièrement aux enjeux d’aujourd’hui et risque de voir sa qualité dégradée en raison des contraintes financières. Au regard de ces problématiques, nous considérons que ce CPAUPE est en l’état insuffisamment ambitieux.





