Loi d’urgence agricole : non aux diktats de la FNSEA et des lobbies de l’agrochimie !

A l’initiative du mouvement « Nous voulons des coquelicots Beaujolais/Val-de-Saône », douze structures du Rhône concernées par les questions de santé environnementale ont signé un communiqué de presse pour interpeler les élus et le gouvernement.
Voici leur communiqué de presse :

Au nom des jeunes femmes enceintes qui se reposent dans leur jardin près des cultures.

Au nom des enfants à naitre qui courent le risque d’une grave anomalie congénitale.

Au nom des personnes vulnérables, âgées ou malades, et de tous les riverains des champs, vignes et vergers, qui croyaient vivre au « bon air de la campagne ».

Au nom des enfants des écoles qui respirent fort sur les plateaux sportifs, à la saison des épandages.

Au nom des tout-petits qui, dans les aires de jeux des villages, touchent et portent à la bouche leurs jolis jouets contaminés par un vent de molécules toxiques.

Au nom des agriculteurs victimes de maladies dans des proportions largement supérieures à la population générale 

Au nom de tous ceux qui boivent une eau du robinet que des seules normes « réévaluées » qualifient de « potable ».

Au nom de tous les fragiles dont la bonne santé est aussi éphémère que les polluants sont éternels !

Au nom des écosystèmes et des espèces animales et végétales menacées par l’utilisation intensive de pesticides.

Nous dénonçons !

A l’heure où l’OMS affirme que 25% des pathologies chroniques peuvent être attribués aux facteurs environnementaux (pollution de l’air, de l’eau, de l’alimentation, exposition aux produits chimiques).

A l’heure où les chiffres montrent une progression de 13% des cancers infantiles en vingt ans.

A l’heure où plus de 1.200 médecins et scientifiques affirment dans une lettre ouverte aux ministères de la santé et de l’agriculture que l’impact des pesticides n’est plus à prouver et qu’il met en péril la santé publique et la branche maladie de notre système de protection sociale.

A l’heure où le Museum National d’Histoire Naturelle rappelle que « le déclin des insectes met en péril le vivant ».

A l’heure où nous savons tout cela, à la veille d’une discussion publique à l’assemblée nationale, puis d’un vote solennel le 26 mai autour du « Projet de loi d’urgence agricole ».

Nous déplorons !

Les multiples dérogations pour des substances non-homologuées en Europe (Movento/ spirotétramate, insecticide Verséon/ Dimpropyridaz…), cadeaux scandaleux aux fabricants de poison.

Nous alertons !

Sur la nomination de Laurent Duplomb comme co-rapporteur de ce projet de loi, cette annonce laissant craindre le pire sur le devenir du texte et la possible intégration par amendements de la loi Duplomb 2, avec le retour de deux néonicotinoïdes (Acétamipride et Flupyradifurone).

Nous rappelons !

Que la Constitution française, par le biais de la Charte de l’environnement de 2004, garantit à chacun le droit de vivre dans un environnement respectueux de la santé, et a introduit le principe de précaution

Qu’il est économiquement plus avantageux de rémunérer convenablement les agriculteurs plutôt que de dépolluer l’eau contaminée par les pesticides.

Nous affirmons !

Que nous ne pouvons plus tolérer des modes de production qui génèrent des maladies évitables et des impacts sur la biodiversité tout en consacrant des ressources considérables à réparer leurs conséquences ! Dans toutes les filières agricoles, il existe des solutions alternatives. Encore faut-il qu’elles soient aidées, valorisées et portées par une vraie volonté et un vrai courage politique !

Nous exigeons !

Des ministères concernés, une réelle prise en compte des alertes scientifiques pour éviter un désastre sanitaire qui se dessine chaque jour plus clairement !

La pollution agricole est une triste réalité que de nombreuses études ont prouvé. Le principe du « pas d’interdiction sans solution » pour la gestion des pesticides ne doit pas encourager un immobilisme mortifère.

Mesdames et Messieurs les élu.es, Mesdames et Messieurs les député.es, Madame la Ministre de la Santé, Madame la Ministre de la Transition Écologique et de la Biodiversité, Madame la Ministre de l’Agriculture,

PROUVEZ-NOUS QUE VOUS N’OBÉISSEZ PAS AUX DIKTATS
DE LA FNSEA ET AUX LOBBIES DE L’AGROCHIMIE !

Nous voulons des coquelicots Beaujolais/Val-de-Saône
Coordination Santé-Environnement Rhône Nord
Alternatiba Beaujolais Val de Saône
France Nature Environnement Rhône
Générations Futures Rhône
PFAS contre terre
Ligue de Protection des Oiseaux Rhône
LDH Lyon Confluences
REMERA – Registre des Malformations en Rhône Alpes
Réseau Environnement Santé
Riverains ensemble
Cancer Colère