Lors du conseil d’Agglo du mercredi 24 juin 2026, les élus communautaires ont majoritairement approuvé le principe d’un délégation à un industriel privé de la gestion de l’eau potable. Déjà renouvelée en 2018, cette délégation de service public (DSP) avait à cette époque suscité une forte opposition. Le collectif Eau Bien commun Beaujolais avait étudié en profondeur le dossier, avant d’écrire aux élus que « si la gestion en DSP prive de fait la population d’un contrôle réel, elle fait également supporter aux usagers des coûts supplémentaires : dividendes versés aux actionnaires, impôt sur les bénéfices, frais de siège, etc. Cela explique pourquoi les DSP sont en moyenne 15 à 20% plus chères que les régies publiques« . Las, cette délégation avait alors été votée à l’unanimité des élus présents…
Aujourd’hui rien n’a changé. La droite aux commande de l’Agglo ne se donne même plus la peine de faire une étude comparative entre DSP et gestion directe en régie publique. Voici l’intervention de Sandrine Vergin, élue de Villefranche, pour le groupe d’opposition de la gauche et de l’écologie :
4.2. Approbation du principe de délégation du service public pour la gestion du service public d’eau potable
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les élus,
La question centrale de la délégation de service publique de l’eau n’est pas une question politique, c’est une question de bon sens qui n’est pas le fruit d’un anticapitalisme primaire tel que certains seraient tentés de le présenter. L’eau est un bien commun et vital qui, à l’avenir, sera encore plus sous tension, avec de vrais enjeux de quantité, de qualité, d’accession, et donc de gestion juste et équitable.
Aujourd’hui, la gestion de ce bien commun, notre eau potable, est confiée à un opérateur privé – Veolia. A titre d’exemple, Veolia réalise en 2025 44 milliards de CA, dessert 110 millions de personnes, gère 3825 usines de traitement des eaux usées, 3202 usines de production d’eau potable. Quelle force de négociation ou de contre-pouvoir pouvons nous réellement avoir face à de de tels industriels ?
Nous voyons bien : « Les produits d’exploitation entre 2019 et 2025 ont progressé de +880 k€ (+25 %), les tarifs, tels que je l’ai compris de 22, 64 % («L’application de la formule d’indexation contractuelle a abouti à une augmentation des tarifs de 22,64 % en janvier 2026 par rapport à la valeur initiale ») et les résultats nets positifs, tel que nous l’avons apprécié en commission, ne sont pas réinvesti en local. La remarque qui nous ait donnée est « oui c’est normal, c’est une entreprise privée ». En fait, c’est une entreprise privée qui est payée pour assumer un service public ! Un service envers les habitant.es. dont nous sommes censés défendre les intérêts !
Comment la communauté d’agglomération défendra-t-elle les intérêts de ses administrés, alors-même que la communauté d’agglomération refuse d’assumer les risques technique ou financier (c’est pourtant l’agglo qui paie les investissements initiaux) et la relation directe avec les usagers ? C’est pourtant de sa responsabilité.
Dans le rapport qui nous est transmis, les inconvénients de la DSP ne sont pas présentés et donc le choix est biaisé et orienté. L ‘argument du manque de moyens techniques et humains et du manque de compétence est pour le moins fallacieux puisqu’il résulte d’un manque d’anticipation. Par ailleurs pourquoi n’explorons nous pas des mutualisations de compétences, par exemple, avec d’autres collectivités ou communautés qui souhaitent ou qui ont conservé la pleine régie de façon à dépasser une taille critique ?
En fait, depuis des années, l’agglo préfère le confort de la DSP à une réflexion et l’anticipation vers un autre mode de gestion qui garantira la maîtrise et de toute la chaîne de l’eau potable. Enfin, dans les caractéristiques du contrat de DSP ne figure aucune mention d’investissements
obligatoires liés à l’amélioration de la qualité de l’eau (recherche et élimination des PFAS
notamment), alors que le contexte réglementaire est de plus en plus pressant sur ce point, comme nous l’avons vu dans le rapport d’activité du délégataire. Pourriez vous nous éclairer sur ce point ? Nous serions ravis de travailler avec vous sur le cahier des charges de cette DSP si le principe devait être adopté.
Mais vous l’aurez compris, nous votons contre le principe de la DSP pour notre eau potable
Vote : CONTRE
Intervention de Sandrine Vergin à voir sur la chaine Youtube de l’Agglo :






