Lors du Conseil d’Agglo du 12 novembre dernier, Emmanuel Dupit, élu Gleizé Renouveau, est intervenu à propos du rapport sur la situation 2025 en matière de développement durable et de numérique responsable. S’il a salué certaines avancées, il a également pointé les insuffisances des politiques communautaires en la matière. Voici le texte de son intervention :
Monsieur le Vice-Président,
Ce rapport sur la situation en matière de développement durable est le dernier de la mandature, il est donc l’occasion d’esquisser un rapide bilan de votre action en la matière, au-delà de l’exercice de communication attractif et bien rodé que représente ce document.
Si l’on mesure le chemin parcouru depuis la prise de fonction de l’exécutif en 2020, il est indéniable que le développement durable aura été un axe majeur du plan de mandat, comme en attestent les nombreuses décisions listées dans le document en matière de consommation énergétique, de gestion de l’eau, de l’assainissement, des déchets, ou encore de mobilités.
Mais on ne peut juger de la réussite d’une politique qu’à ses résultats, et en la matière, il faudra attendre de disposer d’éléments chiffrés et objectivés pour savoir si notre territoire est aujourd’hui engagé dans une trajectoire compatible avec les objectifs nationaux et internationaux de lutte contre le dérèglement climatique.
Malheureusement, nous ne disposons pas encore de bilan du PCAET, qui arrive à échéance l’année prochaine, mais quitte à en décevoir certains par mon pessimisme, je me permets d’en douter, car au-delà de mesures vertueuses mises en place dans les domaines que j’évoquais précédemment, il n’y a pas eu fondamentalement de changement de paradigme dans votre approche de ces sujets. Ainsi, la présentation de la démarche de développement durable de l’agglomération en p .7 du rapport évoque le PLUiH comme « un modèle durable de l’organisation et du fonctionnement du territoire » et parle d’un « urbanisme favorable à la santé », ce que je nuancerais fortement, car vous ne vous êtes pas attaqués aux principales sources de pollutions, à savoir certaines entreprises industrielles et agricoles, pas plus qu’aux principaux producteurs de déchets, à savoir les entreprises de la grande distribution. Sur ce dernier point, les mesures vertueuses mises en place comme l’inversion de la collecte au profit des bacs de tri sélectif, qui mériterait par ailleurs d’être étendu à l’ensemble du territoire, reviennent donc à traiter le symptôme sans traiter la maladie.
Les mêmes remarques peuvent être faites sur le volet de la cohésion sociale, puisque là encore, il faudrait disposer de statistiques pour mesurer l’efficacité des mesures prises. Les dernières données de l’INSEE en la matière datent de 2021 et ne permettent donc pas de juger de vote action. Il semble cependant que les conditions de vie restent difficiles pour les familles les plus modestes de notre territoire, dont certaines sont par ailleurs victimes de propos stigmatisants qui vont à l’encontre de la notion même de cohésion sociale.
En ce qui concerne le numérique durable, nous constatons avec satisfaction que le bilan a été intégré au présent rapport, ce qui témoigne d’une vision plus intégrée des enjeux environnementaux liés à cette évolution technologique. Pour autant, ce bilan ne nous apprend pas grand-chose, en l’absence d’objectifs chiffrés dans le plan initial adopté en janvier dernier, ce qui est une problématique récurrente de vos différents documents de prospective.
Au final, il ressort donc de ce rapport que vous avez agi, ce qui n’est déjà pas un mince progrès après les années d’immobilisme en matière de développement durable de l’exécutif précédent, dont il faut rappeler que certains élus ici présents faisaient déjà partie. Ces actions suffiront-elles à engager les transformations nécessaires pour faire face à l’urgence climatique et sociale ? C’est aux électrices et électeurs de notre territoire qu’il appartiendra de répondre à cette question dans quelques mois…
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