Lors du conseil municipal du 12 janvier, le maire s’en est violemment pris aux élus Gleizé Renouveau dans le cadre du Débat d’Orientation Budgétaire, les accusant de ne pas connaître leurs dossiers et d’être irresponsables. Face à ces attaques aussi outrancières qu’offensantes, nous voulons rétablir la réalité.
Si quelqu’un ne maîtrise pas ses dossiers, c’est bien le maire. Son rapport d’orientations budgétaires ne contient aucune prévision chiffrée des recettes et dépenses de fonctionnement et d’investissement, contrairement à ce qu’exige la loi, comme le rappelle pourtant le préambule de ce même rapport !
Quant à l’irresponsabilité, que pensez d’un maire qui est le vice-président de l’agglo chargé des mobilités, mais qui met la priorité sur la vidéosurveillance et non sur les aménagements cyclables ?
A lire ci-après :
- la contribution des élus Gleizé Renouveau au débat d’orientation budgétaire (DOB)
- Le lien vers l’article du Progrès
- Un scan de cet article
Monsieur le Maire,
Comme nous l’avions déploré l’année dernière, le Rapport d’Orientation Budgétaire qui sert de support à ce débat s’apparente cette année encore à un exercice hors sujet : ce document se présente avant tout comme un bilan des grandes évolutions budgétaires à l’échelle du mandat, et l’on y trouve pas d’évolutions prévisionnelles des dépenses et recettes pour 2026 (ni en fonctionnement ni en investissement), pas d’hypothèses chiffrées (sur les recettes fiscales par exemple, ou encore les relations financières avec l’intercommunalité), pas non plus d’objectifs des dépenses réelles de fonctionnement, donc rien de ce qui est censé constituer un ROB d’après la loi.
Certes, il s’agit du dernier budget de la mandature, mais quand bien même cela peut créer de l’incertitude, les besoins et les attentes des habitants de notre commune ne s’arrêtent pas à l’horizon du 15 ou du 22 mars, et ils ont le droit de savoir comment sera utilisé l’argent public en 2026.
Certes encore, nous n’ignorons pas les difficultés que pose pour les services et pour vous-même l’absence de budget de l’état à cette heure, mais il doit être possible de raisonner à partir d’hypothèses concernant les dotations de l’état. D’ailleurs, d’autres communes comme Villefranche, ainsi que l’agglo, ont d’ores et déjà construit et voté leur budget.
Car le scénario qui se dessine en matière de dotations est malheureusement assez prévisible, et il n’est pas nouveau : la tendance est à la baisse constante, notamment par la non compensation de recettes antérieures comme la CVAE, que la droite parlementaire s’emploie de toute façon à tirer constamment vers le bas, ou encore par la baisse des fonds destinés à la transition écologique, sacrifiés sur l’autel du dogme austéritaire, comme j’ai eu l’occasion de le dire lors du débat budgétaire en conseil communautaire.
Aussi face à ces tendances budgétaires, qui risquent de s’ancrer dans la durée, quelle peut et doit être l’action de la commune ? Faire des économies, dans une certaine mesure, et vous esquissez des pistes comme la baisse des dépenses d’eau et de carburant, mais sans jamais mentionner aucun objectif chiffré… Peut-être y aurait-il d’autres postes de dépense à optimiser, comme celui de la vidéosurveillance : avez-vous un chiffre à nous communiquer concernant le coût de fonctionnement annuel de ce dispositif ? La nécessité de contracter un nouveau prêt-relais pour l’acquisition du foncier de la ZAC de la Collonge pèsera également sur les finances communales. Avez-vous consulté des établissements bancaires et réalisé des estimations de ces frais ?
Ces nécessaires économies ne pourront en tout état de cause pas affecter la qualité du service public rendu aux Gleizéennes et aux Gleizéens, et encore moins la nécessaire solidarité due aux plus fragiles d’entre eux. L’absence de donnée chiffrée concernant la subvention annuelle à l’association Agora ou encore au CCAS nous laissent de ce point de vue dans l’expectative, même si la faible augmentation de l’avance sur subvention à ce dernier organisme ne nous incite guère à l’optimisme en matière de politique sociale.
D’autant que le solde 2025 de la section de fonctionnement semble devoir « financer une partie des projets d’investissement sans alourdir la dette », comme le dit le rapport, et nous souhaiterions savoir dans quelle mesure ce sera le cas, et donc quel en sera l’impact sur le budget de fonctionnement prévu pour 2026. Car la charge de la dette va continuer à augmenter dans les années à venir, et pèsera 3 fois plus en 2027 que les deux années précédentes, conséquence notamment de la dérive du projet de la Collonge. Que pensez-vous faire pour anticiper les conséquences pour les finances communales de cette montée en charge au-delà de votre mandat ? Pour notre part, nous déplorons ces à-coups et aurions préféré un plan de gestion à long terme, avec une part d’investissement dans des projets immobiliers bien plus raisonnables.
Car en investissement également, les incertitudes pèsent quant aux recettes, et certaines de vos priorités pourraient être remises en cause, ce qui devrait conduire à des arbitrages dont nous ne trouvons pas suffisamment trace dans le rapport. Or gouverner c’est choisir, et il nous semble essentiel que certains investissements soient sanctuarisés, au premier rang desquels ceux qui seront nécessaires à la mise en œuvre effective du schéma directeur cyclable, pièce maîtresse du plan de mobilité récemment arrêté au sein de la Communauté d’Agglomération, sachant que nous avons déjà un an de retard sur ce chantier indispensable. Nous regrettons pourtant de constater que cette ligne d’investissement ne figure pas dans vos priorités. Mais choisir, c’est aussi savoir renoncer, ou différer des investissements que l’on pourrait juger moins prioritaires, comme la poursuite du déploiement de la vidéoprotection, qui ne nous semble revêtir aucun caractère d’urgence, contrairement à celui qu’imposent le changement climatique et ses conséquences.
Voilà donc rapidement esquissée notre contribution à ce débat sur le budget à venir, qui devra selon nous être marqué par une volonté de préserver, par-delà les prochaines échéances électorales, une action forte de la commune, échelon de proximité et rempart face aux menaces sociales et environnementales qui pèsent sur ses habitants.







